M1 Demande endogène
Topique
Le modèle analyse l'automatisation par l'intelligence artificielle, en tenant compte simultanément des décisions de remplacement d'emplois des entreprises et de leurs conséquences pour l'économie dans son ensemble. Chaque secteur comprend différents postes ou professions, caractérisés par un effectif initial et la proportion de travailleurs potentiellement remplaçables par l'IA. L'effectif étant composé d'individus, le nombre maximal de personnes remplaçables doit rester un nombre entier, en excluant toute fraction résultant du calcul. L'intérêt économique de l'automatisation de chaque poste est déterminé en comparant le coût de mise en uvre de l'IA au coût salarial qui peut être évité, ce qui permet d'obtenir un délai de retour sur investissement pour chaque travailleur remplacé.
Contrairement à un système basé sur un critère d'investissement fixe, le seuil de tolérance de chaque secteur vis-à-vis du délai de retour sur investissement évolue au cours de la simulation. Tant que l'automatisation reste économiquement avantageuse pour le secteur, ce seuil est progressivement assoupli. Ainsi, les postes qui génèrent les économies les plus importantes ou qui permettent un retour sur investissement le plus rapide sont remplacés en premier, tandis que ceux qui présentent un moindre avantage économique n'entrent dans le processus qu'une fois que le secteur a suffisamment progressé dans sa préparation à l'automatisation. La séquence découle donc des conditions économiques elles-mêmes, sans qu'il soit nécessaire d'établir un classement externe des professions.
Ce processus comporte également un frein endogène. Le résultat économique obtenu par chaque secteur en cours d'automatisation est constamment comparé au résultat qu'il aurait obtenu en l'absence de changement. Tant que la transformation reste bénéfique, elle peut se poursuivre. Si le résultat net est inférieur à ce seuil, le frein cesse de s'abaisser et l'automatisation du secteur est stoppée. Ce frein est dit absorbant, de sorte que le processus ne redémarre pas spontanément lors des périodes suivantes.
L'adoption cumulative se traduit par un nombre réel et entier de travailleurs remplacés. À chaque période, le nombre de nouvelles personnes déplacées est identifié, l'effectif restant est mis à jour et les salaires maintenus ainsi que les coûts liés à l'utilisation de l'IA sont calculés. Ces calculs sont effectués individuellement pour chaque secteur, préservant ainsi le lien entre structure professionnelle, emploi et coûts.
Le modèle intègre enfin l'interaction entre ces décisions sectorielles et l'économie dans son ensemble. Le revenu du travail généré par tous les secteurs détermine la capacité de consommation globale et, en fonction des parts structurelles, la demande dirigée vers chaque secteur. Cest pourquoi une réduction de lemploi dans un secteur naffecte pas seulement ce secteur : en diminuant le revenu total du travail, elle réduit également la demande des autres secteurs.
Ceci crée un cercle vertueux entre automatisation, emploi, revenu, demande et performance des entreprises. Pour chaque secteur, le résultat obtenu grâce à lautomatisation peut être comparé à celui dun scénario où la structure initiale reste inchangée. Parallèlement, lagrégation des résultats permet dobserver les conséquences pour lensemble du système grâce à des indicateurs tels que lemploi total, la proportion de travailleurs déplacés par lautomatisation et une estimation de la production générée par léconomie.
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