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A7 Défaillance de conception, de construction ou dexploitation et incertitude résiduelle

Topique

Aucun réacteur ne peut être conçu, construit et exploité avec la garantie absolue qu'aucune erreur humaine ni défaillance matérielle ne surviendra durant toute sa durée de vie. L'industrie nucléaire, comme toute activité industrielle de grande envergure, fonctionne selon un cadre de gestion des risques qui réduit la probabilité et les conséquences de telles erreurs sans toutefois pouvoir les éliminer totalement.

Cette incertitude n'est pas purement théorique : la quasi-totalité des accidents historiques décrits par les deux modèles précédents de ce catalogue impliquaient une combinaison de facteurs que les concepteurs initiaux n'avaient pas pleinement anticipée, qu'il s'agisse d'une conjonction d'événements extérieurs, d'un défaut de conception jusque-là non identifié ou d'une série de décisions opérationnelles qui, rétrospectivement, n'étaient pas optimales compte tenu des conditions du moment.

Face à cette réalité, diverses analyses ont tenté de quantifier statistiquement la fréquence attendue des accidents graves, compte tenu de la taille et du taux de croissance projeté du parc mondial de réacteurs. Une étude interdisciplinaire du MIT, par exemple, a estimé que, compte tenu de la croissance prévue de l'énergie nucléaire au cours des prochaines décennies, plusieurs accidents nucléaires graves supplémentaires étaient raisonnablement prévisibles durant cette période – une conclusion plus conforme au taux historique observé jusqu'alors qu'à l'idée que les améliorations apportées après chaque accident permettraient d'éliminer totalement le risque.

C'est pourquoi ce module, qui commence par reconnaître qu'aucune conception n'élimine l'erreur humaine ni les défaillances matérielles, conclut en montrant que ce type d'analyse statistique prospective – qu'un modèle ultérieur de ce catalogue aborde en détail – fonctionne comme un outil de planification réglementaire et non comme une prédiction d'événements spécifiques : il reconnaît explicitement que cette incertitude résiduelle est une caractéristique structurelle de l'activité, et non une défaillance ponctuelle qui pourrait être corrigée une fois pour toutes.

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