A65 Effets des contaminants sur les systèmes collectifs
Topique
Les contaminants chimiques, tels que les néonicotinoïdes, agissent individuellement sur chaque insecte de la colonie. Cependant, l'effet cumulatif de ces actions individuelles peut entraîner l'effondrement de la colonie entière, un phénomène connu sous le nom de syndrome d'effondrement des colonies.
Chez chaque insecte, la quantité de contaminant qui s'accumule est déterminée par l'équilibre entre deux processus opposés : l'absorption du contaminant, qui se produit à chaque contact avec des fleurs ou du sol contaminés, et son élimination, assurée par le système enzymatique de détoxification de l'insecte. Plus l'insecte absorbe le contaminant rapidement par rapport à son élimination, plus la quantité de contaminant accumulée dans son organisme est importante.
Le contaminant ainsi accumulé n'est pas réparti uniformément dans l'organisme, mais se concentre particulièrement dans le système nerveux, où il inhibe les récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine, essentiels au bon fonctionnement de ce dernier. L'inhibition du système nerveux de l'insecte entraîne deux conséquences distinctes pour la colonie entière. La première est l'inhibition du recrutement : la colonie perd sa capacité à mobiliser ses butineuses vers les sources de nourriture qu'elle découvre, et cette perte de mobilisation réduit l'apport énergétique à la colonie.
La seconde conséquence, encore plus critique, est la perte de repères : les butineuses exposées au contaminant deviennent incapables de retrouver le chemin de la ruche, et chacune d'elles représente une perte définitive pour la colonie – un adulte qui ne peut plus contribuer à son développement.
Ces deux conséquences – la perte d'énergie et la perte définitive de butineuses – influent en définitive sur la santé globale de la colonie : son taux de mortalité induite par le contaminant par rapport à son taux de croissance naturel. Tant que le taux de croissance de la colonie dépasse cette mortalité induite, la colonie survit ; mais dès que la mortalité induite dépasse la croissance, la taille de la colonie commence à diminuer de façon exponentielle jusqu'à son effondrement fonctionnel. La rapidité avec laquelle cet effondrement se produit dépend en fin de compte de l'ampleur de la surmortalité induite par le contaminant par rapport au taux de croissance naturel de la colonie.
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